Doubles détente...
Imaginez que la faucheuse passe vous souhaiter bonjour et parte hâtivement en vous permettant de revenir bientôt pour vous faucher l'âme, et elle vous informe que vous aurez une visite de sa cousine la maladie, qui va venir vous annoncer qu'elle a deux choix à vous proposer. Elle passera vers la nuit, tardivement,
La faucheuse part au galop finir quelqu'un car son karma lui est soldé.
Vers deux heures du matin, elle est là comme promis et elle tape à la porte de votre subconscient, vous qui dormiez paisiblement.
Elle vous présente les choix promis qui sont les suivants.
Le premier est de vous filer une maladie physique de haut niveau comme la maladie du défunt Stephen Hawking : paralysie intégrale de votre corps. Elle vous ajoute un conseil : réfutez ce choix car vous aurez le mal du monde, celui de rester vivant mais inerte de tout fait et geste. D'après elle, la maladie fera de vous une sculpture de chair. Elle vous parle sincèrement et vous demande de passer au deuxième choix.
Vous qui êtes une personne appréciant la sincérité, même venant de la maladie, vous dites oui passant au deuxième choix.
Alors elle vous propose une maladie psychique, celle où vous serez physiquement correct mais où il sera nécessaire de prendre beaucoup d'antidépresseurs et de neuroleptiques. Il y aura de quoi faire tomber un éléphant dans un sommeil profond pendant une semaine, mais leur effet sur vous, par moments, ne vous donnera même pas une chance de profiter du sommeil humain. Pendant très longtemps, vous serez incapable de sentir la tiédeur d'une âme propre de votre vivant, vous serez souvent dérangé par des illusions cauchemardesque, aucun répit, toujours à la quête d'un petit moment paisible.
Devant le récit de la maladie, vous êtes dégoûté par ses dires, mais que faire ? Que dire ?
Vous sentez être berné par la maladie, vous qui aviez un premier choix que vous avez refusé.
Trop tard : pour le restant de vos jours, vous allez être soutenu par la pharmacologie, cette chimie qui vous offre une ombre transparente d'un repos maquillé.
La maladie, avant de vous quitter, vous regarde et vous dit franchement que vous allez avoir toute la pitié du monde mais sans aucun respect ni considération ; tout le monde vous verra comme un fou sans aucune crédibilité ni confiance.
Vous êtes sauvé d'une paralysie physique, mais vous aurez la paralysie de l'âme.
La maladie vous quitte, tout comme la faucheuse, joyeuse d'un éclat de rire. Elle vous informe que la faucheuse n'aura rien à faire de vous, elle ne va pas revenir de sitôt.
Assis, en vous réveillant de votre cauchemar, vous avez ce sentiment que quelque chose de grave vous blessera d'ici le matin.
Pensif, vous vous dites : pourquoi je n'ai pas eu droit à un troisième choix moins pénible ?
Vous vous réveillez vers midi, l'air assommé, avec une humeur de d'un chien dérangé par deux chats en haut d'un arbre qui vous taquinent sérieusement.
Vers six heures du soir, l'humeur fade est toujours là. Elle prend soin de vous et de cette humeur dérangeante qui augmente votre mal-être.
Alors vous avez saisi que ce n'était pas un cauchemar, car la table basse juste à côté de vous est pleine de médocs antidépresseurs. Au moins dix boîtes de cette chimie.
Une larme tombe de vos très beaux yeux et vous vous sentez déjà le mal de ces deux visiteuses. Que le rêve s'est réalisé pour de vrai.
Fin.
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